Un système académique différent

Erasmus, ce n’est pas que le changement de pays, de langue et d’habitudes. C’est aussi l’occasion de plonger dans un système universitaire différent de celui où l’on vient.

Pour ma part, je voudrais distinguer l’université en général des études de droit.

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L’université, tout d’abord. Je suis dans une faculté privée, néanmoins, après avoir fait des comparaisons avec mes colocataires, je pense que la manière de faire est assez similaire, université privée ou non. Il peut y avoir néanmoins des différences selon les cursus.

Ici, je n’ai pas du tout de cours magistraux. Tous les cours se déroulent dans des salles de classe ayant une capacité d’environ 50 personnes. Les salles sont d’ailleurs rarement remplies. Les élèves suivent tous les cours tous ensemble, tout le temps. Il y a donc une ambiance de classe similaire à celle que l’on connaît au lycée. Cela peut être assez déroutant, et pour les étudiants d’échange, encore plus, puisque tout le monde se connaît depuis plusieurs années et passe ses journées ensemble. On dit que la relation prof-élève est plus détendue en Espagne, mais honnêtement j’ai certains professeurs qui nous vouvoient, et qui marquent beaucoup de respect. Après, l’attitude en classe est en effet plus détendue, voire trop. Les élèves discutent entre eux et le professeur ne dit rien par exemple. Ensuite, au niveau de la prise de notes, l’ambiance n’est pas au grattage compulsif mot à mot, il y a une minorité qui prend des notes, certains n’ont même pas de quoi écrire… Donc, lorsqu’on a du mal à entendre ce que dit le professeur car les élèves parlent, il faut ensuite aller piocher la bonne personne pour récupérer les cours – pas toujours facile facile! Du coup pour ma part j’essaie de prendre les notes que je peux, je complète si j’ai besoin en faisant des recherches ou avec les lectures. Pour continuer avec l’ambiance lycée, il y a aussi des sonneries à chaque fin de période – oui oui! Et une pause de 10h à 10h30 type récré durant laquelle tout le monde se rue au café du coin. Par contre ici les journées sont au rythme espagnol, cours de 8h à 14h30, avec une seule pause.

Passons maintenant au droit en lui-même et je dois dire que la manière d’appréhender la chose juridique est vraiment à l’opposé de ce qui se fait en France!

Le fait de ne pas avoir de cours magistraux rend la frontière entre théorie et pratique floue, voire inexistante. En effet, on nous donne des connaissances, petit à petit, par-ci-, par-là mais j’ai l’impression au final de manquer de théorie et de ne pas maîtriser la pratique non plus. Or c’est vraiment important, car l’examen final est un cas pratique, puisque la dissertation est inconnue! De plus, de ce que j’ai compris, il ne faut pas s’embarrasser de trop de théorie et aller droit au but. Alors qu’en France, on nous demande de bien exclure chaque possibilité, de vérifier toutes les exceptions,etc. Ici c’est une approche beaucoup plus globale du droit, et qui n’apparaît pas comme aussi pointilleuse qu’en France, mais peut-être cela ne dépend que des matières que j’ai choisi.

Néanmoins, dans d’autres matières j’ai pas mal de lectures à faire afin d’approfondir le cours ou bien de le préparer. J’avais déjà ce système dans ma fac en France sauf qu’il s’agissait de nous donner le support de cours en avance pour qu’on le travaille, et non d’aborder un thème grâce à des manuels, articles etc. Dans la méthode de travail, certains profs encouragent beaucoup (ou incluent directement) des présentations. Je n’en ai pas eu beaucoup mais dans d’autres matières certains en ont eu vraiment pas mal à préparer! D’un autre côté, j’ai eu plusieurs essais à faire, et j’en ai rendre pour la fin du semestre, alors cela varie vraiment d’un professeur à un autre. Ici, la participation active des étudiants fait partie intégrante de la formation.

Enfin, je dois reconnaître que j’ai des professeurs qui sont disposés à aider les étudiants, je pense que c’est le principal avantage d’avoir des petit groupes. C’est aussi plus facile pour nous, qui sommes en échange, de rencontrer des étudiants espagnols. Alors certes, tous ne nous prêtent pas attention, mais dans le lot il y en toujours quelques uns ravis de discuter (et de te refiler son texte de français à corriger!), mais ils t’assurent toujours de ne pas hésiter à leur demander si tu as besoin de quelque chose.

Pour terminer, je dois dire qu’étudier dans une autre langue est tout à fait perturbant, cela demande un double effort pour d’abord comprendre ce qui se dit, le traduire, et ensuite, donner du sens à ces mots, à ces concepts. D’autant plus que dans le domaine du droit, il faut chercher des termes spécifiques. Néanmoins, même si c’est difficile, je suis convaincue qu’une telle expérience ne peut être bénéfique, puisque faire constamment un tel exercice entraîne le cerveau et nous apprend à être flexible.

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